Priorité aux logiciels, centralisation de la gestion et protection renforcée des données

Comment l’hyperconvergence permet-elle de maîtriser les tendances importantes que les services informatiques avaient des difficultés à traiter ? Notre point de vue :

  • L’hyperconvergence symbolise le concept de datacenter défini par logiciel (SDDC – software-defined datacenter). Logicielle par nature, elle apporte la flexibilité et l’agilité que les entreprises attendent de leurs systèmes.
  • Les opérateurs Cloud ont un modèle économique bien au point. L’hyperconvergence transpose dans les entreprises un modèle économique de type Cloud assurant un amortissement plus rapide des coûts du datacenter et un coût total de possession inférieur à l’échelle de la solution. L’hyperconvergence offre les avantages économiques du Cloud tout en assurant les performances, la haute disponibilité et la fiabilité exigées par les entreprises.
  • La mémoire Flash résout les problèmes de performances mais doit être utilisée avec discernement. Les options hyperconvergées associent la mémoire Flash et les disques durs traditionnels pour trouver un équilibre idéal entre les capacités et les performances, afin d’éliminer les îlots de ressources.
  • Le marché de l’infrastructure convergée offre un modèle à fournisseur unique pour l’approvisionnement, la mise en œuvre et l’utilisation. Les fournisseurs ne peuvent donc plus se renvoyer la balle et les entreprises peuvent appeler un numéro unique en cas de problème.

Dans cet article, je vais approfondir la notion d’hyperconvergence et vous donner dix exemples démontrant comment elle permet de résoudre les défis propres aux datacenters virtualisés.

1.  Priorité aux logiciels

L’hyperconvergence est l’exemple même du SDDC (software-defined datacenter – datacenter défini par logiciel) que nous avons vu plus en détail dans le chapitre 3. La nature logicielle de l’hyperconvergence assure la souplesse requise pour faire face aux besoins métiers présents et à venir sans avoir à effectuer un remplacement complet des composants d’infrastructure. Encore mieux, alors que les fournisseurs ajoutent de nouvelles fonctionnalités dans les versions logicielles mises à jour, les clients bénéficient immédiatement de ces fonctionnalités, sans avoir à remplacer le matériel.

2.  Utilisation de matériel x86 de série

L’utilisation de matériel de série réduit les coûts. La couche logicielle repose sur le principe que tout matériel finit par tomber en panne. Les clients ont l’avantage de pouvoir se prémunir contre les risques de pannes/perte de disponibilité sans avoir à se ruiner pour racheter du nouveau matériel.

Et le service comptabilité apprécie généralement les économies. L’entreprise profite de performances supérieures à celles de leur datacenter existant et le plus souvent à un prix inférieur.

3.  Systèmes centralisés et gestion

Avec l’hyperconvergence, tous les composants, qu’ils soient de calcul, de stockage, de sauvegarde sur disque, de passerelle Cloud, etc., sont réunis dans un pool de ressources partagées avec un hyperviseur. Cette conception simple et efficace permet de gérer les ressources agrégées de plusieurs nœuds sous la forme d’un système fédéré unique.

La centralisation et l’intégration massives se retrouvent également au niveau de la gestion. Quel que soit le niveau de dispersion des ressources physiques, les systèmes hyperconvergés les traitent toutes comme si elles étaient à côté les unes des autres. Les ressources réparties dans plusieurs datacenters physiques sont gérées à partir d’une interface unique et centralisée. L’ensemble des systèmes et des fonctions de gestion des données sont également traités depuis cette interface.

4.  Agilité accrue

L’agilité est devenue un concept très important en informatique. Les entreprises considèrent comme acquis que leurs systèmes informatiques doivent réagir rapidement en fonction des besoins. Et pourtant, les environnements existants forcent les informaticiens à déployer des myriades de ressources pour répondre à ces besoins. L’infrastructure hyperconvergée permet d’obtenir des résultats positifs bien plus rapidement.

L’agilité consiste en partie à pouvoir déplacer les charges de travail selon les besoins. Dans un contexte hyperconvergé, toutes les ressources de tous les datacenters physiques résident sous un seul domaine d’administration (voir l’article précédent). La migration de la charge de travail dans de tels environnements se fait sans problème, notamment avec une solution assurant une déduplication cohérente dans le cadre de son offre. Les données réduites sont bien plus faciles à manipuler que les données étendues, ce qui permet de travailler plus vite.

5.  Évolutivité et efficacité

L’hyperconvergence est une approche évolutive reposant sur des modules qui permet d’étendre les systèmes informatiques simplement en ajoutant des unités, tout comme un jeu de LEGO. L’évolutivité granulaire est l’une des caractéristiques de cette infrastructure. Contrairement aux produits système intégrés, qui nécessitent souvent de gros investissements, les solutions hyperconvergées autorisent une approche bien plus progressive. La hauteur de la marche désigne la quantité d’infrastructure qu’une entreprise doit acheter pour mettre en place une infrastructure de niveau supérieur. Plus la marche est haute, plus le prix à avancer est important.

Plus la marche est haute, plus il faut de temps pour exploiter à plein les nouvelles ressources ajoutées du fait de l’expansion. Par contre, une marche plus petite assure une utilisation plus efficace des ressources. Au fur et à mesure que de nouvelles ressources sont requises, il est facile d’ajouter des nœuds dans une infrastructure hyperconvergée.

Ce n’est pas sans rappeler le Borg de Star Trek, mais dans un sens positif.

6.  Faible coût

Les systèmes hyperconvergés ont un faible coût initial contrairement aux systèmes intégrés et aux infrastructures existantes.

7.  Automatisation simple

L’automatisation est un élément clé du modèle SDDC qui est indissociable de l’hyperconvergence. Lorsque l’ensemble des ressources sont réellement combinées et des outils de gestion centralisée sont en place, la fonctionnalité d’administration inclut des opportunités de planification, ainsi que des options de création de scripts.

D’autre part, le service informatique n’a plus à se soucier de la création de structures automatisées à partir de modules matériels ou de lignes de produits hétéroclites. Tout est encapsulé dans un seul environnement clair et net.

8.  Priorité aux machines virtuelles

La virtualisation est à la base des SDDC (voir le chapitre 3), et les machines virtuelles constituent le plus petit élément de l’environnement hyperconvergé. Toutes les autres ressources, stockage, sauvegarde, réplication, équilibrage de charge, etc. sont là pour soutenir les machines virtuelles individuelles.

Par conséquent, les règles de l’environnement hyperconvergé tournent également autour des machines virtuelles, ainsi que l’ensemble des options de gestion disponibles dans le système, telles que les règles de protection des données, qui sont souvent définies par des outils tiers dans les environnements existants. Avec l’hyperconvergence, les règles et les contrôles intégrés de protection des données interviennent directement au niveau des machines virtuelles.

Le rôle central des machines virtuelles est également en évidence lorsque les charges de travail doivent être déplacées dans différents datacenters ou services, notamment lors des sauvegardes et de la réplication. L’administrateur se base alors toujours sur les machines virtuelles et non pas le datacenter ou les services sous-jacents, tels que le stockage.

9.  Ressources partagées

L’hyperconvergence permet aux entreprises de déployer différents types d’applications dans un pool de ressources partagées unique, sans avoir à se soucier de l’effet tant redouté de mixité des E/S qui peut détruire les performances des machines virtuelles.

Comment l’hyperconvergence rend-elle ce type de déploiement possible ? Les systèmes hyperconvergés incluent plusieurs types de stockage, aussi bien SSD que des disques durs traditionnels, dans chaque appareil. Une appareil unique peut avoir plusieurs To de chaque type de support de stockage. Dans la mesure où plusieurs appareils sont nécessaires pour assurer la redondance d’un environnement et la protection des données, les supports des deux types sont présents en abondance. Le rôle essentiel des machines virtuelles dans les systèmes hyperconvergés permet également au système de mesurer l’ampleur de la mixité des E/S et de procéder à l’optimisation sur la base du profil d’E/S des différentes machines virtuelles.

La mixité des supports de stockage de l’infrastructure hyperconvergée permet aux systèmes de traiter aussi facilement les charges de travail aléatoires que séquentielles. Encore mieux, avec autant de disques SSD dans un cluster hyperconvergé, le nombre d’opérations d’E/S par seconde est plus que suffisant pour traiter les charges de travail les plus intensives, ce qui inclut les pics de démarrage et d’ouverture de session des VDI (infrastructures de bureau virtuel).

Le pool de ressources partagées autorise également une utilisation efficace des ressources pour de meilleures performances et davantage de capacité, un peu comme les tout premiers projets de consolidation des serveurs que vous aviez entrepris lors de la mise en place de la virtualisation. En cours de route, cependant, vous avez peut-être créé  de nouveaux îlots résultant des défis de post-virtualisation que nous avons abordés plus haut. Les îlots de ressources présentent les mêmes défis d’utilisation que vos anciens environnements physiques. Avec l’hyperconvergence, vous n’avez plus à créer ces îlots simplement pour répondre aux besoins d’E/S d’applications données. L’environnement traite automatiquement l’affectation du processeur, de la RAM, de la capacité et des E/S par seconde, de telle façon que les administrateurs peuvent se concentrer sur l’application sans se soucier des besoins individuels en ressources.

L’entreprise est gagnante, dans la mesure où les dépenses informatiques sont réduites et la qualité générale du service est améliorée. Du point de vue des performances, l’environnement traite des charges de travail bien plus variées que l’infrastructure existante n’en est capable. Le service informatique fonctionne mieux, car il peut ainsi consacrer moins de temps à l’aspect technique et davantage à l’aspect métier.

10.  Protection des données

Il ne s’agit certes pas de la tâche la plus passionnante, mais la protection des données est essentielle. Il est cependant regrettable de constater que de nombreuses entreprises ne font que le strict minimum pour protéger les données essentielles. Il y a deux grandes raisons à cela : une protection complète des données peut s’avérer aussi onéreuse que complexe.

Pour assurer la protection des données dans un système existant, vous devez prendre de nombreuses décisions et acheter de nombreux produits. Dans un environnement hyperconvergé, cependant, la sauvegarde, la restauration et la reprise sur sinistre sont intégrés. Ces fonctionnalités font partie de l’infrastructure et il ne s’agit plus de modules tiers à ajouter par la suite quand on y pense.

Les avantages de l’hyperconvergence sont clairs :

  • Sauvegarde et restauration complètes et reprise sur sinistre abordable.
  • Protection efficace des données sans réhydratation et re-déduplication, ni l’utilisation inefficace des ressources qui en découle.
  • Une console centralisée unique qui permet au service informatique de réagir rapidement.

Avantages d’un fournisseur unique

Bien que les systèmes intégrés n’offrent pas le large éventail d’avantages associés à l’hyperconvergence, son modèle d’assistance avec un seul fournisseur est superbe. Heureusement, la conception, la livraison et l’assistance par un fournisseur unique sont également des caractéristiques de l’hyperconvergence. Les clients bénéficient d’un point de contact unique pour toute la durée de vie du système, de la demande d’informations initiale à la mise hors service du système. Dans la mesure où les systèmes hyperconvergés sont testés et validés, les clients ont moins besoin de projets pilotes, et ceux qui les demandent le font pour des périodes plus courtes. Alors que les sociétés fournissant des systèmes intégrés donnent une liste des différentes versions de micrologiciels pour les différents appareils de la pile et effectuent des tests préalables, dans un système hyperconvergé, il n’y a qu’un seul fabricant et une seule mise à niveau à faire. La complexité réduite de ces processus se traduit directement en économies de temps et en réduction des charges d’exploitation.

L’approche avec fournisseur unique permet de réaliser des économies d’échelle en termes d’achat, d’exploitation et d’assistance.